{"id":223,"date":"2020-09-01T16:03:46","date_gmt":"2020-09-01T14:03:46","guid":{"rendered":"http:\/\/louatre.fr\/?page_id=223"},"modified":"2020-09-15T09:19:35","modified_gmt":"2020-09-15T07:19:35","slug":"violaine-la-ferme-saint-jean","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/louatre.fr\/?page_id=223","title":{"rendered":"Violaine &#8211; La Ferme Saint &#8211; Jean"},"content":{"rendered":"\n<p>Le d\u00e9nombrement pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Fran\u00e7ois 1er par Saint-Jean- des-Vignes (Bibl. Soissons, Ms 6) donne pour 1520 les renseignements les plus \u00e9tendus sur le domaine de Violaine.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019abbaye y poss\u00e9dait plusieurs march\u00e9s de terre et en outre la cense (<em>Redevance pay\u00e9e pour les terre, moulins, fours, etc<\/em>). Celle-ci, avec ses b\u00e2timents et jardins, \u00e9tait entour\u00e9e de murs, la maison seigneuriale lui \u00e9tait attenante avec sa chapelle et son jardin aussi ferm\u00e9s de murs.<\/p>\n\n\n\n<p>La cense, avec ses 23 pi\u00e8ces de terre, \u00e9tait tenue par David Pasque, elle rapportait 18 muids (<em>Mesure pour les liqudes, pour les grains et pour plusieurs autres mati\u00e8res comme le sel, le charbon, le pl\u00e2tre, la chaux, etc., de diff\u00e9rentes grandeur selon les diff\u00e9rents pays et la nature des marchandises \u00e0 mesurer. Par exemple \u00e0 Paris il contient 268 litres pour le vin, mais 1800 litres pour le bl\u00e9, 2400 pour le sel et 3700 pour l&rsquo;avoine<\/em>)&nbsp;de grain aux religieux alors qu\u2019avant les conflits elle en avait donn\u00e9 30.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la maison seigneuriale o\u00f9 l\u2019abbaye h\u00e9bergeait son prieur-cur\u00e9, on faisait les plaids (<em>Service de plaid&nbsp;: Obligation pour un vassal de participer \u00e0 l\u2019activit\u00e9 judiciaire de son suzerain<\/em>) trois fois l\u2019an et chaque habitant \u00e9tait tenu d\u2019assister. Le principal droit seigneurial consistait en la r\u00e9quisition d\u2019une \u00e9paule <em>(\u00ab<\/em>pour faire lard&nbsp;\u00bb) sur chaque pourceau qui se tuait \u00e0 Violaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tenanciers de la ferme furent Ch. du Mars 1669 &#8211; Pierre Traboulet 1692 &#8211; Ch. Dumont 1702&#8230; et, par bail de 1785 Pierre Lepreux.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de la mise en vente par la nation, la ferme, b\u00e2timents, cour et jardin couvraient une surface de 2 ha 47 cl\u00f4tur\u00e9e, les terres 112 ha 13 et les bois 11 ha 12, le fermier jouissait en outre des d\u00eemes, cens et rentes dus \u00e0 la seigneurie. C\u2018est le m\u00eame fermier qui avait charge de r\u00e9gler les \u00e9moluments du prieur : 12 essains de grain, 1 agneau et 1 cochon de lait.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019accol\u00e9 \u00e0 la ferme, l\u2019ensemble prieural n\u2019en \u00e9tait pas moins distinct, il comprenait deux cours, l\u2019une avec logis, chapelle, \u00e9curie et grange&nbsp;; l\u2019autre avec poulailler, \u00e9table et \u00e9curie, puis un jardin entour\u00e9 de ses murs.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adjudication au District de la ferme se fit le 10 octobre 1792, les laboureurs avaient soumissionn\u00e9 d\u2019avance et offert 49 318 livres, ils \u00e9taient Picot de Villers-Cotter\u00eats, J. Petit de Villers-H\u00e9lon, R. Le Gu\u00e9ry de Lou\u00e2tre et P. Lepreux de Violaine. Mais ils heurt\u00e8rent \u00e0 un cotter\u00e9zien, qui s\u2019est fait un nom dans l\u2019agiotage des biens nationaux&nbsp;: N.-C. Parisis.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Gu\u00e9ry et Parisis surench\u00e9rirent seuls de la 9<sup>e<\/sup> \u00e0 la 22<sup>e<\/sup> bougie et le second l\u2019emporta sur l\u2019autre pour 112 000 livres. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La vente du prieur\u00e9 ne put se faire que le 9 mars 194 \u00e0 cause de l\u2019occupation de l\u2019ex-cur\u00e9 Adam, auquel on reconnut le droit d\u2019enlever ses objets d\u2019ameublement. Le mobilier de la chapelle lui aussi \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9. Le bien, \u00e9valu\u00e9 3 000 livres, fut disput\u00e9 entre P. Lepreux et le notaire soissonnais Bedel, ce dernier se l\u2019adjugea pour 17 100 livres \u00e0 la 7e<strong><em> <\/em><\/strong>bougie.<\/p>\n\n\n\n<p>Une br\u00e8ve r\u00e9f\u00e9rence du bail sign\u00e9 en 1577 signale qu\u2019une partie des b\u00e2timents de la ferme se trouvaient alors d\u00e9truits par l\u2019animosit\u00e9 des huguenots qui s\u2019y \u00e9taient install\u00e9s dix ans auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les combats lib\u00e9rateurs de 1918 ont encore \u00e9t\u00e9 funestes aux parties anciennes. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"674\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/11-violaine-la-ferme-apre\u0300s-1918-1024x674.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-224\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/11-violaine-la-ferme-apre\u0300s-1918-1024x674.jpg 1024w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/11-violaine-la-ferme-apre\u0300s-1918-300x197.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/11-violaine-la-ferme-apre\u0300s-1918-768x505.jpg 768w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/11-violaine-la-ferme-apre\u0300s-1918.jpg 1064w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de notre si\u00e8cle, le logis du fermier passait pour celui que le prieur avait occup\u00e9. Pr\u00e8s de lui, la fa\u00e7ade de l\u2019\u00e9curie recelait une grande baie mutil\u00e9e, ogivale \u00e0 deux lancettes et deux fen\u00eatres cintr\u00e9es de chaque c\u00f4t\u00e9, c\u2019est ce qu\u2019il restait de la chapelle. Le petit colombier pr\u00e8s de l\u2019entr\u00e9e \u00e9tait d\u00e9nomme \u00ab&nbsp;du prieur&nbsp;\u00bb par opposition \u00e0 celui du fermier, carr\u00e9 lui aussi mais plus volumineux et plac\u00e9 dans la cour.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que ne signale pas le consciencieux Dulimon est la grange ; elle fermait la cour \u00e0 un de ses angles et ne le c\u00e9dait en rien \u00e0 ses soeurs remarquables de la r\u00e9gion. Le peu qu\u2019il reste d\u2019un pignon et de deux contreforts XIVe si\u00e8cle en apporte la preuve.<\/p>\n\n\n\n<p>Le colombier du prieur, carr\u00e9 et haut de 6<strong><em> <\/em><\/strong>m\u00e8tres, date du XVIIe si\u00e8cle, il n\u2019est pas sans analogie avec celui d\u2019un autre joanniste qui se dresse \u00e0 l\u2019ancien presbyt\u00e8re d\u2019Arcy-Sainte- Restitue. La particularit\u00e9 qu\u2019offre Violaine est celle d\u2019un caveau sans acc\u00e8s qui est plac\u00e9 sous lui. S\u2019agit-il1 d\u2019un cachot comme celui de la ferme encore joanniste de Neuville-Saint-Jean, ou simplement d\u2019une \u00ab&nbsp;muche&nbsp;\u00bb ou cachette pr\u00eate pour temps d\u2019effroi?<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes nos fermes d\u2018abbayes ont leur clos annexe muraill\u00e9, mais aucun sinon celui de Presles-les-Soissons n\u2019atteignait le p\u00e9rim\u00e8tre et la puissance de celui de Violaine. Muraille \u00e9paisse de 0,80, haute de 2,50 \u00e0 3 m o\u00f9 foisonne la grosse pierre de taille.<\/p>\n\n\n\n<p>Particularit\u00e9 unique, c\u2019est qu\u2019ici, des petites meurtri\u00e8res sont perc\u00e9es de trois en trois m\u00e8tres et que, tous les gros parpaings et les boutisses sont marqu\u00e9s d\u2019une croix profond\u00e9ment grav\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se trouve que plusieurs autres clos de m\u00eame nature ont leur parement ext\u00e9rieur marqu\u00e9 de quelques croix, je les consid\u00e8re comme signes de protection, mais ici, elles figurent \u00e9galement sur le parement int\u00e9rieur, et en multitude. Leur pr\u00e9sence se d\u00e9clare intrigante car il est anormal de ne lire qu\u2019une seule marque de t\u00e2cheron, que d\u2019ailleurs l\u2019usage de ces marques avait disparu ici avant le XVIe si\u00e8cle, et que le mur doit appartenir \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi donc, croix et meurtri\u00e8res conf\u00e8rent \u00e0 la cl\u00f4ture un int\u00e9r\u00eat exceptionnel\u00a0; quant \u00e0 l&rsquo;enclos, il faut croire que l&rsquo;abb\u00e9 en voulut faire un refuge \u00e9ventuel pour la population ; ses appr\u00e9hensions rejoignaient celles de plusieurs paroisses d&rsquo;entre Soissons et Compi\u00e8gne, qui au XVIe si\u00e8cle fortifi\u00e8rent leurs cimeti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color\"><strong>\u00a9 <\/strong>F\u00e9d\u00e9ration des Soci\u00e9t\u00e9s d\u2019histoire et d\u2019arch\u00e9ologie de l\u2019Aisne. M\u00e9moires. Tome XIV, 1968<\/span><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"633\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FERME-DE-VIOLAINE-1024x633.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-225\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FERME-DE-VIOLAINE-1024x633.jpg 1024w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FERME-DE-VIOLAINE-300x186.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FERME-DE-VIOLAINE-768x475.jpg 768w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FERME-DE-VIOLAINE-1536x950.jpg 1536w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FERME-DE-VIOLAINE.jpg 1570w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"674\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/violaine-laferme2-copie-1024x674.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-226\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/violaine-laferme2-copie-1024x674.jpg 1024w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/violaine-laferme2-copie-300x197.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/violaine-laferme2-copie-768x505.jpg 768w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/violaine-laferme2-copie.jpg 1082w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"577\" height=\"301\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VILAINE-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-253\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VILAINE-1.png 577w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VILAINE-1-300x156.png 300w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"551\" height=\"174\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VIOLAINE-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-254\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VIOLAINE-2.png 551w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VIOLAINE-2-300x95.png 300w\" sizes=\"(max-width: 551px) 100vw, 551px\" \/><figcaption><em>\u00a9 DICTIONNAIRE HISTORIQUE DU DEPARTEMENT DE L&rsquo;AISNE, par MELLEVILLE, 1865.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9nombrement pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Fran\u00e7ois 1er par Saint-Jean- des-Vignes (Bibl. 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