{"id":240,"date":"2020-09-02T12:12:15","date_gmt":"2020-09-02T10:12:15","guid":{"rendered":"http:\/\/louatre.fr\/?page_id=240"},"modified":"2020-09-15T09:17:56","modified_gmt":"2020-09-15T07:17:56","slug":"les-ecarts-hameaux-catifet-la-vallee-du-gros-chene-la-falaise-nadon","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/louatre.fr\/?page_id=240","title":{"rendered":"Les \u00e9carts (Hameaux) : Catifet &#8211; La vall\u00e9e du gros ch\u00e8ne &#8211; La Falaise &#8211; Nadon"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;\u00e9vocation du pass\u00e9 de Lou\u00e2tre-Violaine serait incompl\u00e8te sans le parcours de l&rsquo;agr\u00e9able et aquatique vallon, qui s&rsquo;\u00e9tire en croissant comme pour tenter de l&rsquo;encercler.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Catifet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sous le Fond-Rimbert, d\u00e9j\u00e0 nomm\u00e9 au XIIIe si\u00e8cle, se rencontrent les Vall\u00e9es. C&rsquo;est \u00e0 <em>Catifet<\/em>, qu&rsquo;en fin du dernier si\u00e8cle se trouvait l&rsquo;ultime tuilerie. Ce hameau a retenu le nom d&rsquo;un particulier du XVIIIe si\u00e8cle qui s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0l&rsquo;endroit qu&rsquo;on nommait \u00ab&nbsp;les Murs&nbsp;\u00bb ; en r\u00e9alit\u00e9 la tuilerie succ\u00e9dait \u00e0 tant d&rsquo;autres et 1&rsquo;on peut citer bon nombre de leurs artisans pour le XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Vall\u00e9e du Gros Ch\u00e8ne <\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4492-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-244\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4492-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4492-300x225.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4492-768x576.jpg 768w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4492-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4492.jpg 2016w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>On arrive ensuite \u00e0 <em>La Vall\u00e9e du Gros Ch\u00eane. <\/em>Ce qu&rsquo;il restait de cet arbre au-dessus du hameau \u00e9tait un tronc creux de 6m de circonf\u00e9rence, mais il n&rsquo;\u00e9tait plus haut que de 2 m, le feu du ciel avait foudroy\u00e9 ses branches une \u00e0 une.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"823\" height=\"527\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/la-valle\u0301e-du-gros-chene-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-241\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/la-valle\u0301e-du-gros-chene-1.jpg 823w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/la-valle\u0301e-du-gros-chene-1-300x192.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/la-valle\u0301e-du-gros-chene-1-768x492.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La Falaise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En dessous, <em>le Moulin de la Falaise <\/em>eut ses trois paires de meules actionn\u00e9es par le ru de Nadon jusqu&rsquo;en fin de si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"960\" height=\"609\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-moulin-La-falaise.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-242\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-moulin-La-falaise.jpg 960w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-moulin-La-falaise-300x190.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-moulin-La-falaise-768x487.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait un fief, dont deux dynasties (Hauston et Faroux Duplessy) se l&rsquo;\u00e9taient partag\u00e9. Le moulin qui \u00e9tait banal, ses 2 ha de terres et 165 ares de pr\u00e9s avaient, \u00e0 titre cens de plus r\u00e9els possesseurs aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles : de\u2028Jean Tranquart en 1644, qui vendit \u00e0 l&rsquo;important Soissonnais Robert Danr\u00e9, passa ensuite \u00e0 sa fille, \u00e9pouse d&rsquo;Antoine Racquet, puis en 1698 \u00e0 leur fils Robert Racquet, \u00e9cuyer- conseiller du roi, pr\u00e9sident-tr\u00e9sorier de France et seigneur de Villeblain, lequel le vendit en 1712 \u00e0 ma\u00eetre Guillaume Champion.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont ces propri\u00e9taires forains qu\u2019i louaient par \u00ab&nbsp;surcens&nbsp;\u00bb aux familles tr\u00e8s fugitives de meuniers.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"659\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FALAISE-1024x659.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-243\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FALAISE-1024x659.jpg 1024w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FALAISE-300x193.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FALAISE-768x494.jpg 768w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FALAISE-1536x988.jpg 1536w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/LA-FALAISE.jpg 1642w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La Couture Paquette <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9rive de culture, l&rsquo;\u00e9cart d\u00e9j\u00e0 d\u00e9sign\u00e9 au XIIIe si\u00e8cle.\u2028Ce fief se composait de 31 ha de terres, 6 ha de pr\u00e9s et bois \u00e0 la fin du XVIIe si\u00e8cle, \u00e9poque \u00e0 laquelle ses seigneurs, lorsqu\u2019ils ne labouraient pas eux m\u00eames, cohabitaient avec leurs fermiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Gentilshommes campagnards ils appartenaient \u00e0 la cat\u00e9gorie d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e, contraints d\u2019accepter la vie rustique et ne vivotant qu\u2019\u00e0 renforts d\u2019exp\u00e9dients. Le r\u00e9sum\u00e9 de quelques documents curieux va permettre d\u2019exposer leur d\u00e9tresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Nicolas de Fust, \u00e9cuyer, sieur du Fresne, vivait sur la Couture, mais cette terre se trouvait hypoth\u00e9qu\u00e9e depuis 1643 et grev\u00e9e d\u2019une rente de 300 1ivres envers le comte de Roucy. De Fust meurt en 1680 et sa fille Elisabeth se marie incontinent \u00e0 Charles de Ligni\u00e8res, ancien garde du roi (armes : d\u2018argent \u00e0 la croix ancr\u00e9e de gueules).<\/p>\n\n\n\n<p>Ligni\u00e8res \u00e9tait de bonne famille de Flavy-le-Martel, son p\u00e8re s\u2019\u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 Osly par suite de mariage avec une de Renty : La fortune de Charles \u00e9tait mince et elle \u00e9tait \u00e0 partager avec un fr\u00e8re et une s\u0153ur. Lorsque le fr\u00e8re cadet Louis, ancien officier au r\u00e9giment d\u2019Orl\u00e9ans, eut atteint sa 25e ann\u00e9e en 1688, on arr\u00eata son compte et il se trouva qu\u2019il \u00e9tait redevable envers l\u2019a\u00een\u00e9 de 900 livres pour deux ann\u00e9es de pension, plus les prix : d\u2018un cheval, de divers tissus, etc&#8230; A la s\u0153ur Elisabeth il devait six ann\u00e9es de pension, des habits, linges et argent montant \u00e0 1.600 livres, ses chevaux et habillements militaires 500 livres et toute une s\u00e9rie d\u2019autres billets. Les d\u00e9buts de Louis, sieur du Certay, n\u2019\u00e9taient donc pas brillants, il v\u00e9cut quelques ann\u00e9es \u00e0 Osly, y eut deux gar\u00e7ons de la fille d\u2019un couvreur de chaume mais eut l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de les l\u00e9gitimer. Il vint enfin se r\u00e9fugier chez son fr\u00e8re \u00e0 la Couture et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il mourut en 1694.<\/p>\n\n\n\n<p>Elisabeth de Fust du Fresne d\u00e9c\u00e9da le mois suivant, son veuf sembla s\u2019accommoder dans la solitude du vallon, \u00e0 son \u00e9gard et \u00e0 deux reprises le cur\u00e9 usera \u00e0 titre exceptionnel du latin pour la r\u00e9daction de bapt\u00eames : de Pierre en 1696, de Charles en 1700 <em>\u00ab&nbsp;<\/em>filius illegitimo toro&#8230;&nbsp;\u00bb, de Domine Caroli de Lini\u00e8res et de Marie Vilette.<\/p>\n\n\n\n<p>Jamais l\u2019ancien garde du roi ne put verser la rente due au comte de Roucy, cela dura vingt ans jusqu\u2019en 1694 o\u00f9 sa s\u0153ur Elisabeth, soucieuse de lui \u00e9viter la saisie, racheta la dite rente. Elle quitta alors Mercin pour venir lui tenir compagnie.<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e8re et s\u0153ur attendirent 1698 pour mettre leurs comptes en ordre, de vieilles dettes \u00e9taient rappel\u00e9es, 500 livres par exemple qu\u2019elle lui avait pr\u00eat\u00e9es en plusieurs fois, notamment \u00ab&nbsp;pour le mettre en \u00e9quipage dans le temps qu\u2019il \u00e9tait au service du roi&nbsp;\u00bb (le service aux arm\u00e9es, cela se confirme, n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re lucratif !).<\/p>\n\n\n\n<p>Charles de Ligni\u00e8res ne put mieux faire que d\u2019abandonner \u00e0 sa s\u0153ur tous ses droits sur la Couture et m\u00eame les empouilles (<em>r\u00e9coltes sur pied<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Sit\u00f4t en possession, la c\u00e9libataire transporta ces biens ainsi que ses propres \u00e0 Charles de H\u00e9naullt, \u00e9cuyer, porte-\u00e9tendard des gardes du corps du roi, elle le faisait, en consid\u00e9ration des assistances, de la bienveillance et de l\u2019amiti\u00e9 qu\u2019il lui avait t\u00e9moign\u00e9es, mais elle lui demandait en \u00e9change de l\u2019entretenir suivant son \u00e9tat et sa condition (1699).<\/p>\n\n\n\n<p>Le fr\u00e8re et la s\u0153ur, seigneurs d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de la Couture, y finirent leurs jours \u00e0 deux mois d\u2018intervalle, 1703 et 1704. Leurs d\u00e9pouilles n\u2019eurent que la faveur du cimeti\u00e8re\u2026 (Le beau- p\u00e8re de Fust, le fr\u00e8re Louis, Mme de Ligni\u00e8res et sa pouponne Elisabeth avaient \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s dans l\u2019\u00e9glise de Lou\u00e2tre).<\/p>\n\n\n\n<p>Marie Vilette se maria (1704), il n\u2019est pas s\u00fbr que le porte-\u00e9tendard put jouir de la Couture car il s\u2019av\u00e9ra que les deux d\u00e9funts avaient laiss\u00e9 des<strong> \u00ab&nbsp;<\/strong>dettes consid\u00e9rables&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cr\u00e9anciers s&rsquo;acharnaient encore en 1716 contre les mineurs d\u2019Osly, neveux et h\u00e9ritiers, et le manoir-ferme \u00e9tait toujours sous s\u00e9questre en 1718.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la cr\u00eate Nord qui domine les Vall\u00e9es se trouve <em>le bois de la motte, <\/em>il est sans caract\u00e8re sp\u00e9cial mais se replie sur un myst\u00e8re qui se d\u00e9voilera peut-\u00eatre \u00e0 quelque archiviste, le hasard y aidant.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un acte de 1674 il s\u2019inf\u00e8re qu\u2019au-dessus de la Falaise, le ch\u00e2teau de la Motte \u00e9tait bien en place. Il semble avoir disparu en 1718, pourtant son souvenir \u00e9tait encore vivace en 1885, date \u00e0 laquelle l\u2019instituteur d\u00e9signait ainsi son emplacement : \u00ab&nbsp;un foss\u00e9 circulaire de 3 m\u00e8tres de profondeur, entourant un espace d\u2019environ 25 m de diam\u00e8tre et donnant issue en deux endroits sur la pente abrupte de la colline est tout ce que l\u2019on y remarque&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_5942-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-256\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_5942-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_5942-300x225.jpg 300w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_5942-768x576.jpg 768w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_5942-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_5942-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption>Ferme de La Couture, La Falaise.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Nadon &#8211; L\u2019ancien Prieur\u00e9 <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On ne sait pas quand Saint-Faron (<em>ou Saint-Pharon<\/em>) de Meaux s\u2019installa vis- \u00e0-vis la fontaine de Nadon.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fameuse abbaye dont rien ne subsiste avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e vers 660 par le saint de ce nom qui devint \u00e9v\u00eaque de sa cit\u00e9. Les B\u00e9n\u00e9dictins qui s\u2019enorgueillissaient de la garde du prestigieux tombeau d\u2019Ogier le Danois, d\u00e9tenaient divers biens dans notre r\u00e9gion : \u00e0 La Fert\u00e9-Milon, Parcy, Blanzy (pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 St-Fiacre), Moulin-le-Comte et \u00e0 Lou\u00e2tre m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>A Nadon ils avaient une ferme et, c\u2019est pour la commodit\u00e9 de leurs fr\u00e8res et de leurs domestiques qu\u2019en 1145 ils obtinrent de Guy, abb\u00e9 de Saint-Jean-des-Vignes, avec accord de l\u2019\u00e9v\u00eaque Joscelin, l\u2019autorisation de b\u00e2tir une chapelle strictement domestique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nadon (autrefois Adon) pr\u00e9sentait sans doute alors une certaine importance, un illustre baron y poss\u00e9dait un manoir avec grange (ferme). Il se nommait Pierre Tristan (La Loge a conserv\u00e9 son surnom) seigneur de Passy-en-Valois et d\u2019Ostel, il avait sauv\u00e9 la vie \u00e0 Philippe Auguste \u00e0 la journ\u00e9e de Bouvines et c\u2019est peut-\u00eatre par reconnaissance qu\u2019il fut fait chambellan de son roi, puis de Louis VIII et en plus bailli d\u2019Artois sous Saint Louis.<\/p>\n\n\n\n<p>Un acte de 1223 r\u00e8gle sa vassalit\u00e9 directe avec le roi pour Passy et Adon et pour le bois qu\u2019au m\u00eame Adon il avait pris \u00e0 cens en 1212 de l\u2019abbaye Notre-Dame de Soissons.<\/p>\n\n\n\n<p>Le petit-fils de Tristan, Pierre II de Ch\u00e2teau-Porcien, \u00e9pousa Alix, h\u00e9riti\u00e8re du comt\u00e9 de Nanteuil-le-Haudouin. Lui, traita \u00e0 plusieurs reprises avec les religieux de Meaux au sujet de Nadon et du moulin qu\u2019il y poss\u00e9dait 1265, 1268 ; il accorda aussi la bannerie de ce moulin aux habitants de Violaine en 1265 (ce petit moulin est encore signal\u00e9 en 1520).<\/p>\n\n\n\n<p>Nadon s\u2019exhaussa alors au rang de prieur\u00e9 et saint Nicolas fut son patron. Pierre II et sa femme en furent consid\u00e9r\u00e9s comme fondateurs. Carlier n\u2019a pas su interpr\u00e9ter la gravure de leur tombeau, sa na\u00efve d\u00e9duction lui a servi \u00e0 propager une l\u00e9gende fantaisiste, celle d\u2019un mari jaloux qui se repentit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les moines ici comme ailleurs d\u00e9sert\u00e8rent leurs fermes au XVe si\u00e8cle. D\u00e8s 1547 Nadon fut afferm\u00e9 par baux \u00e0 longues ann\u00e9es. Il eut l\u2019occasion d\u2019h\u00e9berger le noviciat des Blancs- Manteaux de Paris pendant l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de peste de 1619.<\/p>\n\n\n\n<p>La chapelle du prieur\u00e9 fut r\u00e9\u00e9difi\u00e9e par permission de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Soissons en 1525 ; on la transporta sur un nouvel emplacement en 1667 et sa b\u00e9n\u00e9diction se fit en 1672. Fort n\u00e9glig\u00e9e au si\u00e8cle suivant elle fut d\u00e9finitivement interdite avec tant d\u2019autres par Mgr de Fitz-James.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019abbaye de Saint-Faron avait encore tous droits de justice \u00e0 Nadon, mais elle avait alors simplifi\u00e9 le souci de son temporel en abandonnant toute gestion \u00e0 un fermier g\u00e9n\u00e9ral. Quant aux censiers ils furent : S\u00e9bastien Bronquant 1649 &#8211; Claude Tingry 1669 &#8211; Simon Servas 1693 &#8211; Robert Pr\u00e9vost 1705, etc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier bail fut de 1787 et son preneur R\u00e9m\u00e9r\u00e9 connut en mai 1791 la mise en vente nationale. Les d\u00e9pendances qui y \u00e9taient jointes consistaient en 48 ha 75 de terres labourables, 8 ha 70 de pr\u00e9s, 10 ha de bois et 5 ha de savarts. La municipalit\u00e9 de Lou\u00e2tre avait soulev\u00e9 des objections avant la v\u00e9rification de ces contenances si bien que les ench\u00e8res ne purent se faire qu\u2019en mai 1792, sur estimation de 15 665 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adjudication fut emport\u00e9e au 11e feu par un Parisien qui demanda qu\u2019on la m\u00eet au compte de V.-Ch. Masson, bourgeois de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Nadon a bien peu conserv\u00e9 de son pass\u00e9 historique. Dans son site charmant, ce n\u2019est qu\u2019une ferme tr\u00e8s solitaire, \u00e0 cour allong\u00e9e et partout ferm\u00e9e, elle est une reconstruction totale du XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Prolongeant le logis bas et allant buter contre la porte coch\u00e8re, est ce qui fut la chapelle de Saint-Nicolas, reb\u00e2tie sans joliesse en 1667. Elle ne se diff\u00e9rencie du reste que par ses baies aux encadrements cintr\u00e9s, deux hautes qui \u00e9clairaient l\u2019autel et une porte basse s\u2019ouvrant sur la cour. On l\u2019avait plafonn\u00e9e d\u2019un lattis en car\u00e8ne pl\u00e2tr\u00e9e, ce berceau se voit toujours dans le grenier car l\u2019oratoire, interdit par le grand aum\u00f4nier de Louis XV, a \u00e9t\u00e9 converti en \u00e9table.<\/p>\n\n\n\n<p>La grande curiosit\u00e9 est la galerie utilitaire d\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, elle capte une source dans le talus, conduit le torrent d\u2019eau dans la cour, le reprend encore en souterrain pour le diriger vers le ru.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VALLEE-DE-NADON.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-250\" width=\"664\" height=\"377\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VALLEE-DE-NADON.png 664w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/VALLEE-DE-NADON-300x170.png 300w\" sizes=\"(max-width: 664px) 100vw, 664px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color\">\u00a9 DICTIONNAIRE HISTORIQUE DU DEPARTEMENT DE L&rsquo;AISNE, par MELLEVILLE, 1865<\/span>.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color\"><strong>\u00a9 <\/strong>F\u00e9d\u00e9ration des Soci\u00e9t\u00e9s d\u2019histoire et d\u2019arch\u00e9ologie de l\u2019Aisne. M\u00e9moires. Tome XIV, 1968<\/span><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4485-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-260\" srcset=\"https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4485-768x1024.jpg 768w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4485-225x300.jpg 225w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4485-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/louatre.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_4485-rotated.jpg 1512w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption>Ferme Le Nadon.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9vocation du pass\u00e9 de Lou\u00e2tre-Violaine serait incompl\u00e8te sans le parcours de l&rsquo;agr\u00e9able et aquatique vallon, qui s&rsquo;\u00e9tire en croissant comme pour tenter de l&rsquo;encercler. 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Ce hameau a retenu le nom &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/louatre.fr\/?page_id=240\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les \u00e9carts (Hameaux) : Catifet &#8211; La vall\u00e9e du gros ch\u00e8ne &#8211; La Falaise &#8211; Nadon&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/240"}],"collection":[{"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=240"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/240\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":307,"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/240\/revisions\/307"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/louatre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=240"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}