Préhistoire – Vestiges Gallo Romains – Les Francs à Louâtre.

Préhistoire

Les premiers vagissements de l’histoire sont donnés, par l’outillage néolithique (celui des premiers, peuples cultivateurs) qui ressurgit assez généreusement. Des collections s’étaient déjà constituées à Louâtre avant 1885. M. Maurice en a reconstitué une où se trouvent des lames retouchées, grattoirs, haches taillées et polies en partie, haches polies. Il en est de curieuses qui sont taillées dans le calcaire dur du pays, la singularité du matériau n’avait pas échappé à M.Hémery (cf. B.S.P.F. 1951).

Souvenirs romains

Il est un antique chemin (aujourd’hui départementale 2) qui part de Fère-en-Tardenois, qui traverse Le Grand-Rozoy et, suivant 1es crêtes de préférence, vient franchir les marais de Savière pour se poursuivre par la route du Faîte de la forêt de Retz. Avant de descendre à Longpont ce chemin coupe une partie de Louâtre plaçant au Nord la Plaine Saint-Quentin et au Sud Le long muid, c’est là, presqu’en bordure que M. Denis Maurice a découvert en 1963 les substructions d’établissement romain dont il l’a entrepris l’exploration avec grande minutie.

Il suffira de dire qu’il s’agit de fondations d’une villa (?) à multiples sallettes, accompagnée de fosses de détritus remplies d’imprévu. Les tessons céramique semblent appartenir aux deux premiers siècles mais l’occupation a duré davantage puisque les monnaies ont donné des effigies de Néron (il régna de 54 à 68 apr. J.-C.), de Titus, Hadrien, Antonin, Commode, Claude II, Postume, Constantin I et Constance II (décédé en 361 apr. J.-C.). Signalons aussi des objets de parure en bronze : bagues, fibules, etc… des clefs de fer du type gaulois.

Illustration, pièce romaine, Contance II

Cet endroit n’est  pas le seul à Louâtre qui soit parsemé de débris de tegulae (tuile), il semble s’en déduire que l’agriculture dès le premier siècle était en pleine possession de ces plateaux fertiles, ainsi va-t-elle demeurer après l’invasion franque.

Cimetière franc

A l’extrémité de Louâtre, derrière la haie de la < Petite ferme, et le long du chemin de Nadon, s’étend en pente un champ sablonneux où l’on découvrit dès 1834 plusieurs cercueils de pierre.

L’événement s’oublia, il se répéta à nouveau en 1957 (3 sarcophages, 12 squelettes). Cette nécropole a été fouillée par M. Madelénat et ses amis en 1962 et 63 et leurs rapports ont été donnés par M. Madelénat et le Dr J.L. Demetz dans les Cahiers d’archéologie du N.-E. (1965) et le Bulletin de la Fedération (t. XI, 1965).

En résumé, les sépultures explorées étaient : 31 en pleine terre, 13 en sarcophages, 1 en coffrage et une carcasse complète de cheval (le Dr Demetz dénombre les restes de 73 individus). La nécropole avait été violée depuis longtemps, le mobilier qu’on y recueillit comportait notamment : deux seules poteries, des fibules, bagues (d’aucunes gravées du signe de la croix), grains de colliers de verre, d’assez nombreuses et jolies plaques boucles, mais un seul scramasaxe (arme blanche franque). Il s’agissait bien d’une paisible communauté, elle était chrétienne et se trouvait sur les lieux dans la seconde partie du VIe et surtout au VIIe siècle.

© Fédération des Sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne. Mémoires. Tome XIV, 1968